L'aisance des petites choses

Interprète / Julien Gros

Mise en scène / Nacim Battou

Création lumières / Mathieu Guiseppi

Création Mât / MEG

Regards complices / Camille, Benjamin, Mélanie

Photos / Vidéos APC

L'aisance des petites choses

Création 2018

(Pour l'intérieur et l'extérieur)

Solo danse hip-hop et mât chinois

Durée : 30 minutes

 

Synopsis

A côté d’une table, d’une bouteille d’eau et d’un verre, un homme s’installe dans son fauteuil comme pour analyser ce qu’il souhaite gravir. D’une manière franche et sans détour, il veut tenter d’amener plus haut sa vision quotidienne. Cependant, il se heurte aux impossibilités de la verticalité et de son propre corps à franchir ou construire un chemin.

Il cogne, il contre, il tape, il tombe, se relève, recommence. Son corps essaie, échoue, se surprend, se teste et s’articule. Loin de se laisser dérouter par ces impossibilités, il entame une lutte patiente et réfléchie.

De cet affrontement qui n’en est pas vraiment un, il tente de dépasser sa condition ce qui traduit inévitablement une pratique de résistance voire de défis.


Note d'intention

Pour amorcer cette création, nous avons déposé sur le papier plusieurs pistes de recherche, sensible et technique, et tenté de définir le lien entre ma pratique de prédilection (la danse) et ma nouvelle envie (le mât chinois).

Une nouvelle discipline et une autre qui évolue en moi depuis plus de 20 ans, pourtant je n’y vois pas là une opposition. Au contraire, ce rapprochement m’a permis d’ouvrir mon champ des possibles. La recherche n’est autre que la volonté de ne pas emprunter les chemins construits par mon corps au fil des années. Chercher autre chose. Ailleurs. Autrement. Tenter un effacement des codes et habitudes pour rendre visible ce qui jusqu’à présent ne l’était pas, ou qui peut être ne vivait pas en moi, n’existait pas. 

Avec Nacim, mon partenaire de réflexion, nous avons travaillé à partir du corps comme une simple matière de chair, d’os, d’énergie et avons choisi de considérer que chaque espace corporel pourrait se mouvoir avec son propre cerveau comme libéré d’une contrainte d’ensemble. Nous avons parlé de poids, de gravité, de légèreté, de volonté…

J’ai donc, à un moment, déterminé une opposition : L’horizontalité de la danse et la verticalité du mât chinois.

En ce qui concerne ce dernier, nous avons poussé plus en avant la réflexion pour le définir de manière très pragmatique, puis plus spirituellement. Nous savons que certainescultures recherchent des points d’appuis, d’ancrage, existants mais aussi irréels, non signifiés. Une quête spirituelle pour certains, une quête de sensations pour d’autres, ou simplement de dépassement de ce qui est ou peut être accompli. De ce constat, j’ai défini la verticalité comme la sensation d’une montée perpétuelle, une ascension des possibilités dans une recherche quasi-infinie. Le mât chinois traduisant aisément une volonté d’élévation comme pour se déconnecter du monde réel. Statique, il est un appui. En hauteur, il est un support de l’instable. Il m’a permis de penser une partition en relation avec l’espace séparant symboliquement une entité concrète et une autre moins tangible, devenant un trait d’union entre deux existences, le contraste entre le poids du sol et la légèreté du ciel, fragilisant donc cette séparation et renforçant la dimension imaginaire qui les relie. 

En définitive, j’ai fait le choix d’une recherche incessante de la rencontre, l’exploration de deux entités, l’évolution d’un corps entre humain et matière, un mélange de danse hip-hop (breakdance) et de mât chinois où le corps se plie aux contraintes et aux exigences de l’agrès circassien tout en gardant sa liberté et son expérience, entre confrontation et ascension. Se sont alors créés des chemins montants, redescendants, chutants. Un regard présent dirigeant mon intention, notre attention. Lâche, pousse, tombe, force, retient, recommence… J’ai travaillé la présence et l’absence, le lien avec l’autre, facteur de diversité, de créativité. Horizontal. Vertical. L’un s’opposant à l’autre. L’un n’allant pas sans l’autre, cherchant ce qui fait frontières ou qui les annule, le lien d’une discipline à l’autre, le lien de ces petites choses, de ces mouvements, ressentis, émotions que je souhaitais avec aisance.

Tout ça m’a donc permis de développer mon thème, l’opposition d’une certaine facilité à faire, exécuter, vivre, à l’impossibilité de réussir, gravir, atteindre. Pour revenir à l’essentiel, je me suis dit que je pouvais faire, mais que mes tentatives, mes impasses, mes franchissements, mes réussites…, seraient tout autant de façon d’obtenir ce que je recherchais. Tout est fait de petits essais seuls ou en boucles pour décoder une volonté d’être au-dessus d’une vision quotidienne. Il a été question de pousser, jeter, tomber, revenir à l’essentiel.

En résumé, j’ai voulu prendre mon temps. Je me dis que cette création ne pourrait être que tentatives, impossibilités et découvertes. Un regard devant, un regard dessous et ça suffirait peut-être.

Julien Gros.


Production : Cie Havin'Fun

Coproduction : Ligue de l'enseignement 04

En résidence de création : Loly Circus / Oraison, Friche artistique Association Na - Cie Pernette / Besançon, Espace de plein air / Salignac, Centre Culturel Réné Char - Ligue de l'enseignement 04 / Digne-les-Bains, Théâtre Jean le Bleu - Service culturel DLVA / Manosque

Subventionnée par la mairie de Château-Arnoux-Saint-Auban (pour la création)

Soutenue par la Loly Circus et la Cie Ayahgma